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Culpabilité

✨ La culpabilité, ce poison qui nous paralyse

Par Sylvie Renoulet4 min de lecture

Vous aviez prévu de prendre votre samedi pour vous. Pour une fois, rien dans l’agenda et une impérieuse envie de vous reposer, de ne RIEN faire. Et puis votre soeur vous appelle. Elle aurait besoin d’un coup de main pour son déménagement. Vous lui dites que, cette fois, vous ne serez pas disponible. Elle vous répond « D’accord, je vais m’organiser ». La conversation pourrait s’arrêter là. Seulement voilà, une heure plus tard, vous êtes encore en train de vous justifier… auprès de vous-même. « Elle m’a bien aidé.e, elle, l’année dernière. Et puis, qu’est-ce que j’ai de si important à faire samedi finalement ? »

Vous n’avez manqué à aucune promesse. Votre soeur ne vous a rien reproché. Et pourtant, vous voilà presque prêt.e à la rappeler pour lui dire que, finalement, vous viendrez. Que s’est-il passé entre les deux coups de téléphone ? La culpabilité s’est invitée dans la conversation.

Une « petite dose » de culpabilité serait-elle utile ?

J’entends régulièrement dire qu’un peu de culpabilité nous aiderait à nous remettre en question. Je comprends l’idée. Si une de mes paroles a blessé quelqu’un, le malaise que je ressens peut attirer mon attention sur ce qui vient de se passer. Mais une fois que j’en ai pris conscience, à quoi sert-il de continuer à m’en vouloir ? Est-ce que la personne en face de moi se sentira mieux parce que j’aurai passé une mauvaise nuit ?

C’est là que je vois le poison. Je peux passer des heures à me répéter « Comment ai-je pu lui parler comme ça ? » et, pendant tout ce temps, ne jamais lui demander, à elle, comment elle a vécu notre échange. Toute mon attention reste mobilisée par ce que cette maladresse semble dire de moi. Et la personne à qui j’aimerais tant faire du bien attend peut-être encore que je la rappelle.

Faute ➡️ culpabilité ➡️ punition

C’est un enchaînement qui peut nous sembler tellement évident qu’on oublie d’en interroger le point de départ. Puisque je me sens coupable, c’est forcément que j’ai fait quelque chose de mal. Vraiment ? Dans l’exemple du déménagement, quelle est la faute, au juste ? Avoir envie de garder du temps pour soi ? Avoir déçu une attente ? Ou avoir enfreint cette règle familiale, jamais vraiment discutée, selon laquelle « dans une famille, on se rend toujours service » ?

Certaines de ces règles nous accompagnent depuis l’enfance. Peut-être avez-vous souvent entendu « Après tout ce qu’on a fait pour toi… » au moment précis où vous exprimiez un choix différent. Difficile, alors, de savoir comment témoigner sa reconnaissance tout en restant libre de ses décisions. Des années plus tard, personne n’a même plus besoin de prononcer la phrase. Nous nous la disons très bien tout seuls.

La punition, elle, peut passer inaperçue. Vous gardez finalement votre samedi, mais vous le passez à consulter votre téléphone pour savoir si le déménagement se déroule bien. Le livre que vous aviez hâte d’ouvrir reste sur la table. Vous vous êtes accordé le droit de rester chez vous. Celui d’en profiter, apparemment, reste à négocier…

Quand on se retrouve à jouer tous les rôles

Le triangle dramatique de Karpman offre une grille de lecture de ces moments où l’on glisse, parfois dans la même conversation, entre trois rôles : sauveur, victime et persécuteur, qu’on appelle aussi « bourreau ».

Imaginons maintenant que la culpabilité l’emporte. Vous rappelez votre sœur pour lui proposer de venir samedi. Sur le moment, vous ressentez presque du soulagement. Au moins, vous n’aurez plus à vous demander si vous auriez dû l’aider. Mais le samedi matin, quand le réveil sonne, vous regrettez déjà cette matinée que vous aviez prévu de garder pour vous. Et une pensée vous traverse : « Elle sait pourtant que je suis fatigué.e en ce moment… » Le glissement est discret. Vous avez d’abord voulu lui éviter d’avoir à chercher quelqu’un d’autre. Puis vous avez eu le sentiment de ne plus avoir le choix. Et voilà que, sans même le lui dire, vous lui en voulez un peu de vous avoir demandé un service… alors qu’elle avait accepté votre première réponse.

🗝️ Passer de la culpabilité à la responsabilité

Je préfère à ce premier triptyque dramatique un autre triptyque : erreur ➡️ responsabilité ➡️ correction. Encore faut-il vérifier qu’il y a bien eu une erreur ! Pour faire le tri, je vous propose trois questions.

Qu’est-ce que j’ai fait, concrètement ? « J’ai été égoïste » est déjà un jugement. « J’ai refusé de venir samedi » décrit un fait. Et « J’avais promis de venir, puis j’ai annulé sans prévenir » en décrit un autre. Vous sentez la différence ? Votre responsabilité n’est évidemment pas la même.

Quelle part m’appartient ? Je peux reconnaître que j’ai parlé sèchement à ma sœur et lui présenter des excuses pour mes paroles. Je peux aussi entendre sa déception et maintenir ma décision de garder mon samedi. Être responsable demande parfois de supporter que quelqu’un soit momentanément mécontent ou déçu de nous.

Qu’est-ce que je peux ajuster ? Si j’ai manqué à un engagement, je peux demander à l’autre ce qui l’aiderait aujourd’hui. Si j’ai proposé davantage que ce que j’avais envie de donner, je peux apprendre à préciser mon offre dès le départ. « Je peux venir de dix à midi. Est-ce que ça t’aiderait ? » Voilà une promesse que je pourrai tenir de bon cœur.

La prochaine fois que vous vous surprendrez à penser « Je m’en veux », essayez de poursuivre la phrase : « Qu’y a-t-il réellement à réparer ici ? » Il se peut que la réponse tienne en quelques mots d’excuse. Il se peut aussi que vous puissiez, en toute tranquillité, ouvrir votre livre. ✨

Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue à Colmar

À propos de l’autrice

Sylvie Renoulet est psychopraticienne et sophrologue à Colmar. Elle accompagne depuis près de 25 ans des adultes stressés, épuisés ou en quête de sens, en séance individuelle ou en visio, avec une approche qui mêle sophrologie, Analyse Transactionnelle, PNL et hypnose.

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Si ce texte résonne avec ce que vous vivez, le thème est celui de ma consultation confiance en soi. La première séance est un temps d’écoute pour poser votre demande, à mon cabinet de Colmar ou en visio.

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